Projet pédagogique

Le terme de pédagogie dérive du grec « conduire, mener, accompagner, élever ». 

Au début du xxe siècle, la science de l'éducation désignait la pédagogie. Aujourd'hui, l'expression s'emploie au pluriel : les sciences de l'éducation s'étudient en empruntant à plusieurs disciplines des sciences humaines.

Notre institution est au carrefour de plusieurs disciplines telles que la sociologie, la psychologie, l'économie, la philosophie, les sciences humaines, l'éducation, etc.
Pour nous, la pédagogie désigne désormais les méthodes et pratiques d'éducation ainsi que toutes les qualités requises pour construire et transmettre un savoir.

 

 

Introduction

En deux mots...

 

L'AMO LATITUDE J est un service d'aide en milieu ouvert ayant pour mission l'aide préventive, tant sociale qu'éducative au bénéfice des enfants et des jeunes de moins de 18 ans ainsi qu'à leur famille.
De plus, nous travaillons dans le cadre d'une aide complémentaire et supplétive destinée aux jeunes dans leur milieu de vie et dans leurs rapports à leur environnement.

Notre philosophie repose sur : « Le jeune et sa famille sont au centre de l'action et du débat ». Le travail ne peut s'effectuer qu'avec l'accord du jeune (et/ou celui de sa famille). Nous travaillons hors de tout mandat du Juge, du Directeur du Service de protection Judiciaire (SPJ) ou du Conseiller du Service de l'Aide à la Jeunesse (SAJ).

Notre service est un espace de confidentialité et de secret professionnel pour le jeune.

LATITUDE J propose aux jeunes la construction d'outils leur permettant de pouvoir se créer des repères, des points d'ancrages et ainsi s'inscrire dans la vie sociale.

Le service est régit par un cadre légal (Décret relatif à l'Aide à la Jeunesse du 4 mars 1991, le code de déontologie de l'Aide à la jeunesse du 15 mai 1997).
De plus, la Convention internationale des droits de l'enfant du 20 novembre 1989 ainsi que la Déclaration universelle des droits de l'homme du 10 décembre 1948 sont au cœur de notre organisation de travail.
Le service est subsidié et agrée par la Fédération Wallonie – Bruxelles (secteur de l'Aide à la Jeunesse).
Le travail de prévention tant sociale qu'éducative s'articule autour de deux axes (Arrêté de l'exécutif de la Communauté française du 2/10/2008) :

  • l'aide individuelle
  • l'action communautaire

Contexte d'intervention

Notre service est agrée et subsidié par la Fédération Wallonie - Bruxelles – Ministère de l'Aide à la jeunesse- pour travailler sur les communes du nord de l'arrondissement judiciaire de Verviers.

Ces communes sont au nombre de six:

  • Olne
  • Herve
  • Thimister Clermont
  • Aubel
  • Welkenraedt
  • Plombières

Les 6 communes sont composées de 47.477 habitants (chiffres au 31/12/2012).
Il convient de visualiser la population qui nous intéresse particulièrement.

  0 à 6 ans 7 à 12 ans 13 à 15 ans 16 à 18 ans TOTAL
Herve 1362 1320 721 662 4065
Aubel 358 340 135 157 990
Olne 248 296 221 108 873
Thimister 538 500 251 259 1548
Plombières 750 790 408 378 2326
Welkenraedt 541 648 485 282 1956
TOTAL 3.797 3.894 2.221 1.846 11.758

 

 

La spécificité de notre « zone » de travail est le milieu rural voire semi rural. Ceci représente 200Km2.
Ce territoire est composé d'un tissu associatifs non négligeable avec différents services œuvrant avec la jeunesse (3 PCS, 2 MJ, 1 centre J, 1cellule enfance et jeunesse) et de deux centres d'enseignement secondaire (Herve 3écoles et Welkenraedt 2 écoles).
Il parait essentiel de pouvoir travailler de manière transversale avec d'autres services dans le souci de cohérence et de l'intérêt du jeune.

Nous constatons un taux de chômage avoisinant 9,50%, un revenu moyen de 1.212 euros net/mois, un nombre important de jeunes grandissant dans un ménage ayant des allocations sociales, des logements précaires, des loyers couteux, la non ou la méconnaissance des services sociaux, culturels, associatifs…des mamans vivant seules avec des nombreux enfants à charge, des papas peu ou pas présent dans la famille,…Ces sont des indicateurs témoignant de la précarisation des situations rencontrées.

Des difficultés de mobilité sont existantes sur ce territoire. Des manquements de structures tels planning familiale, centre de guidance, prise en charge psychologiques font aussi partie de l'état des lieux.

La Philosophie et les Valeurs

Latitude J s'inscrit donc dans la logique d'AMOs comme services de proximité, drainant la population des communes agrées. Notre AMO inscrit son action dans un ancrage local.
La réalité des enfants et des jeunes qui s'adressent à notre service est donc complexe et plurielle. Derrière la demande initiale, l'analyse révèle souvent des situations problématiques multiples. Les difficultés évoquées par le jeune mineur sont habituellement l'aboutissement d'un long processus de violences construit sur des générations, des carences diverses profondes et précoces où les besoins émotionnels n'ont été ni entendus ni reconnus.

Notre volonté est de contribuer à l'émergence d'une société plus juste et respectueuse de sa jeunesse.

Pour ce faire, la déclaration des droits de l'homme et la Convention internationale des Droits de l'enfant sont des garanties au fonctionnement de notre démocratie.
De manière générale, le respect de l'individu et la liberté de chacun sont des préceptes essentiels à notre service

Ainsi, lorsque ces jeunes précarisés et en difficultés se présentent chez nous, ils nous semblent incontournables en fonction de notre logique de prévention sociale et éducative de miser sur les composantes valorielles suivantes :

  • Le jeune comme sujet de droits.
  • L'ouverture sur le monde.
  • La reliaison sociale.
  • Lutter contre le déterminisme social.
  • Viser l'autonomie et l'émancipation.
  • Viser la solidarité, l'égalité et la liberté.
  • Miser sur les potentialités, les capacités et les ressources du jeune et de sa famille).
  • Mettre le jeune et l'aspect social au centre du débat.
  • Défendre l'intérêt du jeune.
  • Respect de l'intégrité du jeune, de sa famille ainsi que de l'équipe éducative.
  • Etre disponible.
  • Avoir une action de prévention.
    Ceci accompagné d'un regard critique sociétal (social, économique, juridique et politique).

Les objectifs de notre AMO demeurent de :

  • Favoriser et stimuler les liens de solidarité au sein du milieu de vie des jeunes,
  • Apporter une aide individuelle aux jeunes
  • Diversifier les pistes d'autonomie des jeunes,
  • Stimuler la prise en charge des jeunes de leur avenir,
  • Favoriser la rencontre et la communication entre les jeunes et les institutions auxquelles ils sont confrontés,
  • Favoriser les conditions de valorisation des aptitudes et désires des jeunes,
  • Agir de manière préventive, sous diverses formes, notamment par le biais d'animations et de séances informatives

Par rapport à notre fonctionnement en interne nous définissons les valeurs et la philosophie suivante :

  • Se protéger et se soutenir mutuellement
  • Maintenir un maximum la cohésion d'équipe
  • Entretenir une communication franche et adéquate avec le travailleur et au sein du service.
  • Avoir un regard critique et une remise en question au quotidien tant sur nous même que sur notre manière de travailler.
  • Respecter les différents points de vue.
  • Le respect mutuel.

L'aide individuelle

 

1. Le travail à la demande

L'aide individuelle est organisée dans le cadre d'une permanence sociale ouverte le lundi de 10h à 12h00.
Le service met en œuvre des permanences de rue (via le travail social de rue) afin d'être au plus près des jeunes et dans leur environnement.
En dehors des heures de permanence, un rendez vous peut être fixé avec un éducateur.
Sinon, une présence est assurée par GSM (du lundi au vendredi 9h-18h).

L'aide est sollicitée par le jeune lui même, sa famille ou au départ d'orientations diverses. Elle consiste en une écoute, un accompagnement, une médiation... Elle se refuse le thérapeutique.
La méthode : Nous tentons de favoriser l'émergence de la demande du jeune, dans le but de travailler sur les notions de contraste, de lien mais surtout de construction du devenir du jeune de sorte à favoriser l'autonomie, l'émancipation, le libre choix.
Autrement dit nous ne travaillons pas uniquement sur le symptôme. Il est essentiel de déplier le discours pour pouvoir construire la demande, le projet du jeune.

L'équipe éducative veille à ce que le jeune soit sujet de sa démarche, au centre de l'action.
Cela veut dire que le travail se fait avec son accord (et/ou celui de sa famille) et que tout ce qui est entrepris se fait avec lui. Nous ne travaillons donc pas sous mandat du Juge ou du Conseiller de l'Aide à la Jeunesse (SAJ) ou du Directeur du Service de Protection Judiciaire (SPJ). Cela permet au jeune de travailler en toute confidentialité et en toute confiance avec notre service. Les AMO sont les seuls services à offrir un tel espace gratuit.

2. L'aide orientée

Par ailleurs, les demandes orientées par d'autres services (PMS, Ecoles, CPAS…) impliquent un travail de coopération. En effet, afin d'assurer une cohérence de discours et de décisions, il est primordial que ce travail de partenariat nécessite une définition rigoureuse du rôle de chacun.
Dans tous les cas, et en respect du code de déontologie et en particulier du secret professionnel, l'AMO se doit de s'assurer l'adhésion du jeune à ce travail de partenariat.
De plus, si le mandant le souhaite et que le jeune est en accord, le service assure une notification à ce mandant dans le but de signifier si une action est entreprise ou non avec le jeune.

Action communautaire

Dans le champ du social et certainement plus particulièrement au sein des politiques de jeunesse, nous sommes en relation étroite avec des jeunes qui n'ont pas eu la possibilité de s'affilier à la classe dominante. Le revers du schème est donc l'exclusion avec sa caractéristique de désaffiliation. C'est ce qu'appelle Robert Castel: le processus de
« déliaison sociale » . En effet, l'AMO Latitude J est bien souvent en relation avec des jeunes qui n'ont pas eu l'opportunité d'être considéré comme sujet à part entière, ou leur parole, leur vécu n'ont pas été entendu voire pris en considération….donc avec un ressenti de « laissés pour compte ». Nos analyses nous démontrent qu'il s'agit aussi d'une certaine forme de violence symbolique exercée et renforcée auprès des plus fragilisés. La prévention est conceptualisée autour de la distinction qu'opère Pierre Bourdieu entre trois types de violence. On peut ainsi distinguer:

  • Des violences structurelles, économiques et/ou sociales produites par les marchés dominants telles le chômage, la pauvreté, l'exploitation, etc.
  • Des micro-violences souvent conséquentes des violences structurelles et qui s'exercent au quotidien de manière parfois quasi invisible. Le racisme, la stigmatisation, les violences intra-familiales, les violations des droits, le délit de faciès, le rejet sont autant de micro-violences qui échappent au regard, échappant dès lors également aux sanctions. Ces violences ne sont pas nécessairement volontaires et c'est ce qui les rend d'autant plus insidieuses. La stigmatisation, par exemple, est d'autant plus violente et insidieuse qu'elle laisse à penser faire partie de "l'ordre des choses". Pour l'individu stigmatisé, partant d'une caractéristique objective, il est supputé dans la relation sociale, toutes sortes de caractéristiques non fondées qui aboutissent in fine à la déshumanisation de l'individu incriminé. C'est l'idée qu'on se fait d'un individu qui devient réalité.
  • Des violences visibles (délinquance, vandalisme, agressivité...) qui sont souvent des réponses aux deux types de violences précédentes.

Dès lors, il nous semble incontournable, en regard du cadre et de la logique de prévention sociale et éducative, de travailler sur les composantes de solidarité, de re-liaison sociale, de respect de soi et de l'Autre, de récolte de la parole, de justice, d'ouverture sur le monde, en vue de favoriser et d'impulser une garantie d'égalité permettant l'accèssibilté à des services, des activités, mais aussi la garantie de l'égalité face aux risques ( décrochage scolaire, désaffiliation sociale, culturelle,…) tout en plaçant le jeune et sa famille dans une fonction de Sujet, donc au centre du débat. Ceci dans un objectif de processus d'émancipation.

Pour ce faire, nous voulons agir positivement sur un certain nombre de facteurs susceptibles d'améliorer la qualité de vie des individus et des collectivités. C'est pouvoir poser la question essentielle du modèle de propension (mettant en évidence les conditions de réussite d'une intervention sociale) que chaque jeune peut mettre dans sa vie, avec les autres, en regard de la société.

Notre action tient compte de l'environnement global du jeune (environnement social, culturel, familial). Il s'agit de mettre en commun les ressources des différents partenaires, leurs capacités organisationnelles et les forces en présence afin d'analyser les réalités de terrain et de poser des actions concrètes.

Dès lors, l'action communautaire c'est la mise en pratique de nos constats et nos analyses :

  • des demandes individuelles,
  • des demandes collectives,
  • du milieu de vie du jeune

Ce travail d'analyse nous permet d'identifier les diverses problématiques rencontrées par les jeunes ou leurs familles.
L'action communautaire permet de développer une dynamique de réseau social susceptible d'améliorer l'environnement du jeune. Elle permet également d'apporter une réponse globale à des problèmes individuels et collectifs.
Nous estimons que le développement d'actions concrètes ou l'expression des besoins de notre public auprès des instances politiques, sociales, administratives ou associatives permet de questionner ces mêmes instances sur tous les domaines relevant de leurs activités de prévention.

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